Canalisations d'eau chaude ou froide sous pression et canalisations d'evacuation des eaux usees et pluviales a l'intérieur des bâtiments
Le DTU 65.16 réglemente l'installation des canalisations de distribution de chauffage et d'eau chaude sanitaire dans les bâtiments. Il couvre le choix des matériaux, le calorifugeage, les dispositifs de dilatation et les essais de mise en service.
Contenu et champ d'application
Le DTU 65.16 est le document de référence pour la mise en œuvre des canalisations de chauffage central et de distribution d'eau chaude sanitaire a l'intérieur des bâtiments. En rénovation, ce DTU est mobilise des qu'on intervient sur le système de chauffage : remplacement de radiateurs, modification du réseau de distribution, passage d'un chauffage individuel a un chauffage central ou installation d'une pompe a chaleur.
Le DTU couvre les canalisations en cuivre, en acier et en matériaux de synthèse (PER, multicouche) pour le transport d'eau chaude sous pression dans les circuits de chauffage. Le choix du materiau dépend de la température et de la pression du circuit : le cuivre et l'acier conviennent a toutes les températures (jusqu'a 110 degrés), tandis que le PER et le multicouche sont limites a 80-90 degrés selon les fabricants, ce qui les rend compatibles avec les chaudieres basse température et les pompes a chaleur mais inadaptes aux circuits haute température. La dilatation thermique est un enjeu majeur pour les canalisations de chauffage qui subissent des variations de température importantes (de 20 degrés a l'arret a 60-80 degrés en fonctionnement).
Le DTU impose des dispositifs d'absorption de la dilatation : lyres de dilatation, compensateurs a soufflets ou points fixes avec manchons coulissants. Le cuivre se dilate de 1,7 mm par mètre pour une elevation de température de 50 degrés - sur un parcours de 10 mètres, cela represente 17 mm de dilatation a absorber. Le calorifugeage (isolation) des canalisations est obligatoire pour les tubes traversant des locaux non chauffes (caves, garages, vides sanitaires) afin de limiter les deperditions thermiques.
L'épaisseur minimale du calorifuge dépend du diametre du tube et de la température du fluide. En pratique, une épaisseur de 20 a 30 mm de mousse elastomere est courante pour les installations domestiques. Les canalisations encastrées doivent être placees dans des fourreaux qui permettent la libre dilatation et facilitent un éventuel remplacement.
Le fourreau doit depasser de 10 mm de part et d'autre de la paroi traversee. Les essais de mise en service comprennent un essai d'étanchéité a froid (1,5 fois la pression de service pendant 2 heures) et une mise en température progressive du circuit (montee de 5 degrés par heure jusqu'a la température de regime) pour vérifier l'absence de fuite aux raccords dilates.
Points clés à retenir
- Cuivre et acier : compatibles toutes températures (jusqu'a 110 degrés)
- PER et multicouche : limites a 80-90 degrés (pompes a chaleur, basse température)
- Dispositifs de dilatation obligatoires (lyres, compensateurs) sur les longs parcours
- Calorifugeage obligatoire dans les locaux non chauffes (20-30 mm de mousse)
- Fourreaux obligatoires pour les canalisations encastrées ou traversant les parois
- Essai d'étanchéité a 1,5 fois la pression de service pendant 2 heures
- Montee en température progressive : 5 degrés par heure maximum
- Pente minimale de 3 mm/m pour permettre la purge des circuits
Responsabilité et garanties
Les défauts d'installation de chauffage relevent de la garantie décennale lorsqu'ils compromettent la destination de l'ouvrage (logement invivable car non chauffable) ou causent des dommages (fuites). Les sinistres typiques sont : fuites aux raccords dilates (absence de dispositif de dilatation), canalisations qui claquent (coups de belier thermique, fixations insuffisantes), deperditions excessives (canalisations non calorifugees dans les caves) et degradation prematuree des canalisations PER (depassement de la température maximale admissible).
Questions fréquentes
Peut-on utiliser du PER pour le chauffage central ?
Oui, le PER est compatible avec les circuits de chauffage a basse température (pompes a chaleur, chaudieres condensation) dont la température ne depasse pas 80 degrés. Le PER utilise doit être muni d'une barriere anti-oxygene (BAO) pour éviter la diffusion d'oxygene a travers la paroi du tube, qui provoquerait la corrosion des éléments métalliques du circuit (radiateurs, corps de chaudiere). Le PER BAO est identifiable a sa couleur (souvent rouge ou bleu) et a la mention BAO ou EVOH sur le marquage.
Faut-il calorifuger les tuyaux de chauffage dans une cave ?
C'est une obligation du DTU 65.16 et un investissement très rentable. Des canalisations de chauffage non isolées traversant une cave a 10 degrés perdent une quantite significative de chaleur - l'équivalent de plusieurs centaines d'euros par an sur la facture de chauffage. Le calorifugeage avec des manchons de mousse elastomere coûte moins de 5 euros le mètre lineaire et s'installe en quelques minutes. Le retour sur investissement est généralement inférieur a un an.
Pourquoi mes radiateurs font-ils du bruit quand le chauffage se met en route ?
Les bruits de canalisations au démarrage du chauffage ont deux causes principales. La plus courante est la dilatation thermique : les tubes se rechauffent et s'allongent, et s'ils sont mal fixes ou contraints (pas de lyre de dilatation, fourreau trop serre), ils frottent contre les parois et produisent des claquements ou des grincements. La seconde cause est la présence d'air dans le circuit, qui produit des gargouillis. La solution est de purger les radiateurs et de vérifier la pression du circuit (1 a 1,5 bar a froid pour une installation domestique).